Rdiger un projet de socit pour Congo-Kinshasa… (2) – De la ncessit dune prise de ris que mesur, y compris celle du sacrifice suprme

Nos erreurs cumules (lumumbisme, mobutisme, kabilisme, josphisme…) nous ont valu, nous, congolais, ce que nous connaissons aujourdhui. La dictature, la dpravation et la spoliation de nos murs, la dliquescence de lEtat, linscurit sur toute ltendue du territoire congolais et jusque dans la diaspora congolaise, les meurtres de tout genre, la fuite des cerveaux, la dgradation continuelle de lhabitat et de la sant publique, la perte progressive de notre identit culturelle, lhumiliation de notre nation devant toutes les nations de lunivers habit

La tendance chez plusieurs de nos compatriotes est de ne pas vouloir reconnatre notre responsabilit dans la situation que nous connaissons, que nous vivons, que nous entretenons. La honte, lorgueil, la mchancet, la sournoiserie, lignorance et lgosme sont quelques uns des facteurs qui expliquent ce phnomne.

Notre honte davoir arrach lindpendance pour ensuite chouer dans la gestion la gestion du pays indpendant. Notre dshonneur cest de continuer qumander des ressources financires et technologiques auprs de ceux-l mme qui hier taient son colonisateurs et qui sont devenu aujourdhui nos no-colonisateurs. Notre humiliation cest de nous rfugier chez eux, parce que nous narrivons pas offrir notre peuple le contrle de son destin. Notre ignominie cest de vivre dans la misre matrielle pendant que notre pays regorge de ressources naturelles. Notre opprobre cest nous savoir pills, violents, par des pays qui hier tremblaient au moindre toussotement congolais Linfamie cest de ne pas tre en mesure de dfendre nos femmes, nos filles, nos vieillards et dsormais nos hommes viols, sous nos yeux !

Lorgueil qui nous pousse la ngation de notre propre faute. Lorgueil nous conduit rejeter les responsabilits sur des innocents mmes ! Lorgueil de lhont, du fanfaron, de limpressionniste, du ridicule que nous sommes nous tue, par dizaine, par centaine, par milliers, par millions. Elle nous empche de nous humilier, de nous repentir de notre faute, de nous rsoudre porter le sac et nous coucher dans la cendre pour rebondir, propres, ragaillardis. Lorgueil qui nous ouvre large le gosier.

La mchancet se manifeste chez plusieurs de nos compatriotes dans leur dsir de dominer les autres en rgnant sur eux. Plus grave encore et tout aussi inacceptable, certains souffrent mme dapptits gnocidaires ! Cest particulirement le cas chez les culturalistes (conflits entre lingalaphones, swahiliphones, lubaphones et kongophones ; ngationnistes divers), les tribalistes (conflits interethniques : lendu-hema, bantu-tutsi, etc.) et les rgionalistes qui recherchent une hgmonie politique ou conomique facile, sans effort. Le rsultat en est que les tribus et les alliances se mfient les unes des autres, les diffrentes rgions communiquent et changent trs peu, le pouvoir est mal rparti, la rbellion narrte guerre de se multiplier… Lhypocrisie qui caractrise ces mchants, qui veulent le malheur des autres congolais, fait que lon ne sen rende pas compte si lon ne fournit pas leffort dcouter attentivement les congolais lorsquils sexpriment. Cette mchancet explique en grande partie le clivage Est-Ouest que daucuns tente de renier malgr plusieurs faits objectifs qui dmontrent quentre certains politiques lEst et lOuest le dialogue ne soit pas sincre. Ce clivage, caus dune part par des diffrences culturelles relles et dautre part par des apptits hgmonistes nest pas rsolu depuis les annes quil sest instaur progressivement. Le manque de courage et de loyaut politiques de la plupart de nos animateurs politiques explique que la situation perdure. Cette mchancet, qui se commence par une ngation du droit de lautre au bonheur et se termine sur la recherche de son malheur, doit absolument tre vigoureusement combattue par lensemble des congolais. Pour quil en soit ainsi, le Congo a besoin dun gnie conciliateur, qui soit capable de crever les abcs en vue de la gurison de notre nation dun mal qui le ronge depuis notre prtendue indpendance. Cette tche, rendue difficile par le fait que nous navons pas demander dtre congolais, par le fait que nos cultures sont parfois vritablement opposes, requiert de la part du gnie un charisme et une indpendance desprit dont la plupart de nos politiques actuels sont incapables. Les tables rondes de Bruxelles, la constitution de Luluabourg, les assises de Sun City, la Confrence Nationale Souveraine ainsi que la constitution de 2006 nont pas encore permis de pacifier le pays ni de le mettre sur les rails dun dveloppement vritable. Notre mchancet ne se manifeste pas que par la recherche du malheur de nos propres compatriotes. Il se manifeste aussi par une prtention la nationalit congolaise tout en refusant de sassumer en tant que congolais. Plusieurs manifestations objectives peuvent tre cites : le dnie de la nationalit congolaise une frange importante de congolais par des ntres, le refus de participer linterpellation des coupables de crimes contre lhumanit, la caution volontaire et consciente de la dictature et de la mdiocrit, etc.

La sournoiserie. Depuis lviction du mobutisme, plusieurs politiques congolais se sont rfugis dans un mutisme machiavlique que nombre dentre nous cautionnent en ne les dnonant pas. Ils soccupent monter des stratgies pour protger leurs leaders dont ils savent pourtant fort bien quils ont des comptes rendre notre peuple pour les crimes quils ont commises dans le cadre de leurs rebellions notamment, mais aussi pendant quils taient ou pendant quils sont aux arnes du pouvoir. Cest artifice par lequel des criminels essaient de se cacher leur russit jusquici. Pendant ce temps, les mes bien-ns ont compris lattitude quils devaient adopter, les actes quils devaient poser : demander pardon, samender, se mettre sur le ct pour laisser la place des congolais plus comptents ; plutt que de se refuser, obstinment de reconnatre son tort et de demander publiquement pardon pour ses errements.

Lignorance est dsormais le partage parfait de tous les congolais ou presque. La connaissance de notre propre pays nous chappe : son peuple, son conomie, sa politique, sa culture, son vritable destin. La connaissance de notre culture sefface progressivement et srement. Lignorance des consquences passes, prsentes et futures de nos actes vient coiffer tout cela. Dieu nous est voil dans nos glises ftichistes et paresseuses. Le civisme chappe compltement dans tous nos partis politiques ou presque. Tous nos mouvements de libration doivent rechercher des appuis auprs des ennemis de nos mes. Plutt que de nous lever, nos cultes religieux et politiques – nous rabaissent, plus bas que lenfer ! Sur la rue, nous ne savons plus lever la tte : nous devons courber nos fronts au passage des nations. Nous sommes dans le devoir de nous rsigner partout, faute dun refuge dans sur notre terre que nous avons nous-mmes vendus aux trangers. Cette ignorance gagne du terrain depuis 1960 : nos coles se dlabrent. Lintellect est dtruit sciemment par certains, pour asseoir lobscurantisme et facilit la dictature. Les amis du savoir, les intellectuels, sont chasss partout : ce sont dsormais des dmons ; ils ne connaissent rien, ils sont mme dangereux pour lavancement de la nation, selon leurs dtracteurs. Les diffrents rgimes exploitent souhait, avec un cynisme sans pareil, cette destruction de lintelligence congolaise. Le peuple, parti de lhumiliation coloniale, na pas chang de matre : il demeure subjugu.

Lgosme dont sont emprunts nos attitudes et comportements, face lagression de notre jeune Etat, par les dictateurs et les nocolonialistes, peut sexpliquer mais pas toujours se justifier – par notre origine. Nous navons jamais eu choisir dtre congolais. Nous nous sommes rveills un jour pour apprendre que nous tions la proprit dun Roi des belges. Un autre matin, nous nous sommes rveills pour apprendre que nous tions des coloniss. Le matin daprs nous tions indpendants, libres de dcider de notre destin. Les hommes dEtat que nous connaissons, pour la plupart, estime que la question de notre identit ne se pose pas : nous sommes congolais, du moins pour eux, que nous le veuillons ou pas ! Par rapport cette question identitaire, il convient, notre avis, de corriger ce qui doit ltre : accorder nos peuples lopportunit de redfinir leur identit perdue, dulcore. Revendiquer cette nouvelle indpendance ne peut tre considr ni confondu la scession. Elle est la condition premire pour crer au centre de lAfrique un Etat dhommes vritablement libres solidaires ! Prendre le courage de nous asseoir un jour, pour nous rsoudre, librement, solennellement, sans pression extrieure, demeurer congolais, sur le territoire qui nous a t attribu par des tiers, est lacte – souhait par nous qui en appelons nos peuples y travailler – qui nous rendra responsables de notre choix et non de celui que firent les participants aux importantes rencontres voques ci-avant, sans mesurer les consquences quauraient leur ngation des droits les plus lmentaires de nos populations. Depuis, toute lhistoire de notre ignominie fut construite, avalise, renforce, scelle. Cette mchancet suprme est ce que tout congolais qui veut la prennit de lEtat congolais, doit combattre. Cest la victoire sur ce mauvais dpart qui nous autorisera laccs la vraie paix, qui nous engagera sur la voie du vrai dveloppement.

A sy arrter longtemps, on conclurait : nous ne vallons rien, disparaissons de la terre ! La ralit est cependant tout autre. Bon nombre de pays avec qui nous partageons lexistence sur la terre connaissent et vivent la mme dchance ou presque, la mme misre quil faut bien se dire : nous ne sommes pas seuls

Il est donc lgitime de se rsoudre changer, samender, natre sous un autre jour. Comme dautres gnies le firent pour sortir leurs nations, leurs tats, de la misre : morale ou matrielle ; nous de mme, levons-nous et btissons un nouveau Congo. Ils prirent la responsabilit, ces gnies, de se mettre au-dessus de la mle. Ils comprirent que sans cette anomalie dans lhistoire de leurs pays rien ne changerait, tout irait sempirant. Pour lamour de leur personne et de celles de leurs compatriotes, ils se dcidrent de prendre les choses en mains. Ils mobilisrent des hommes derrire les nobles causes quils tenaient du regard aprs sen tre profondment convaincus, sen tre totalement imprgns. Ils se montrrent tenaces devant lpreuve. Leur bravoure, leur intelligence et leur sagesse les ont conduits au succs.

Ces hommes, ces gnies, sont ceux dont le Congo a besoin aujourdhui. Des hommes qui sachent et se rsolvent de prendre des risques mesurs. La dictature nattend que cela pour fuir, dguerpir, dfinitivement, de notre pays. Prendre un risque mesur cest user dintelligence, de sagesse, de bravoure, de tnacit, de lucidit, de spontanit dans laction.

Lintelligence permet au gnie rvolutionnaire danalyser, de comprendre, dapprhender ce que vit sa nation. Den dgager les causes et de les sparer davec les consquences. De comprendre les mcanismes de propagation des maux. La sagesse du gnie est ce qui lui permet, partant de sa comprhension du monde qui lentoure, de se doter dune bonne motivation, dune stratgie adapte au contexte et en dose suffisante de cette motivation, pour tenir dans les moments difficiles ; de prendre de bonnes rsolutions, deffectuer de bons choix et dagir selon elles. La bravoure est ce qui permet notre gnie doser et de raliser ce que tout le monde craint dexaminer, dentreprendre.

Devant la situation insatisfaisante pour un grand nombre dentre nous congolais, il convient dexaminer, chacun en ce qui le concerne, ce que sont ses motivations, ses comprhensions de la situation, ce que sont ses rsolutions par rapport ltat dans lequel nous nous trouvons et ses actions quotidiennes, qui dterminent, elles, dfinitivement, les rsultats que nous rcoltons individuellement et collectivement.

Notre exprience dans lanimation politique du changement au Congo nous montre que certaines tapes sont encore atteindre avant desprer une pacification et un dveloppement durable du pays.

  • Les motivations de la plupart de nos politiciens ne sont pas bonnes !
    Nombreux sont ceux qui ne recherchent que leur enrichissement personnel au mpris des intrts des autres personnes vivant sur notre territoire et de ceux de la nation congolaise toute entire.
    Dautres encore, ont particip des morts dhommes, des vols du denier public des trahisons contre des patriotes. Ils ne croient plus avoir comme choix que de se maintenir au pouvoir, pour ne pas tre jugs un jour par ceux qui les remplaceraient et accueilleraient les plaintes des ayants droits ou ayants cause de leurs victimes.
  • Les comprhensions du problme congolais par nous congolais sont entaches de beaucoup derreurs !
    La classe politique congolaise est constitue de beaucoup darrivistes. Plusieurs sont aux arnes du pouvoir par le fait du npotisme, du tribalisme, du rgionalisme, du no-colonialisme. Leurs bagages intellectuels sont trs limits pour la plupart et ne leur permettent pas dapprhender les problmes quaffronte la nation congolaise, quand bien-mme ils seraient bien intentionns. Il en rsulte que leur gestion de la chose publique est calamiteuse. Leurs rapports ceux qui dtiennent des capacits sont difficiles et empruntes de peur, des intimidations, des menaces et voire-mme des meurtres.
    Certains de nos politiciens, qui ont t forms dans ce que nous appellerons nos coles, nont pas t duqus pour avoir un esprit critique ni indpendant. Leurs capacits danalyse des problmes sont trs limites et ils ne supportent pas les critiques, quand bien-mme elles seraient patriotiques. Ils finissent tous par sombrer dans la logique de la pense unique, qui ne peut aider notre tat, qui par essence est pluriculturel
  • Nos rsolutions ne sont pas celles qui pourraient apporter un changement positif ou une amlioration durable au Congo ! Il suffit de lire notre constitution et son histoire pour nous en convaincre.
    Le dficit moral, les carences intellectuelles et les manques de technicit font que les solutions proposes ou imposes par nos politiques notre peuple soit dune mdiocrit criante. Lorsquelles ne sont pas des copies serviles de ce qui se fait ailleurs, leurs solutions manquent doriginalit et ne rpondent pas aux vraies proccupations de notre peuple, dont elles ne sinspirent dailleurs pas. Incapables dinnovation, ils suivent ou perptuent servilement les penses, les mthodes et les esprits de travail du no-colonisateur et des suppts de ce dernier. Ils en finissent tous ou presque par lassassinat lencontre des patriotes, quils considrent comme leurs ennemis ou comme des adversaires leur faisant ombre.
  • Leurs actions sont un gaspillage de ressources quand elles ne sont pas une destruction du patrimoine nationale !
    En raison de leur ignorance de ce qui pourrait se faire pour btir une nation forte au centre de lAfrique, leur bricolage est un vritable gaspillage de ressources de la nation. Trs souvent, cette ignorance et les frustrations quengendrent leurs checs rpts, les rendent agressifs et dune animalit sans pareille. Ils sont susceptibles, dominateurs, dictateurs et finissent, par leurs uvres dautodfense dtruire le patrimoine national.

Une approche mthodique, innovante et responsable nous impose de revoir notre stratgie, notre mthode de travail, notre classe politique, en vue de doter notre pays danimateurs capables dimpulser un souffle nouveau, un nouvel espoir, emprunt de ralisme et de grandeur.

Cette nouvelle approche, commence par la correction de nos erreurs.

Pour mettre fin lopprobre dans laquelle vit le Congo, il nous faut commencer par reconnatre un certain nombre de faits objectifs qui explique nos dboires que nous venons dnumrer ci-dessus.

  1. Le Congo est un produit de la colonisation. Avant celle-ci, nous tions des familles, des clans, des tribus, des ethnies, des royaumes, des empires ne formant pas une nation au sens moderne du terme, mais ayant des rapports heureux et malheureux entre eux. Cette ralit, occulte par ceux qui veulent animer le dveloppement du Congo est incontournable. Il faut en prendre compte dans sa politique nationale et internationale. Nous devons de restituer aux familles, aux clans, aux tribus, aux ethnies, aux royaumes et aux empires du Congo qui le souhaitent, leurs souverainets usurpes par les colonisateurs, les dictateurs et les nocolonialistes !
  2. A lindpendance, personne ne sest donn la peine de consulter les vrais congolais pour savoir sils tenaient demeurer lEtat, la nation que les colonisateurs avaient dcid quils soient.
  3. Les premires difficults qui apparurent prouvrent que les peuples congolais voulaient autres choses. Jusque ce jour, les rbellions nous rappellent que les congolais daujourdhui ne sont pas satisfaits de leurs statuts respectifs. Dautres difficults natront si rien nest fait pour les anticiper. Cest ainsi par exemple que les pygmes restent toujours et encore en marge du dveloppement si dveloppement il y a dont jouissent les autres congolais. Cest de la mme manire que nous montons dautres dfis : celui de rendre justice la diaspora au risque dhypothquer dfinitivement lavenir de la nation.

( suivre)

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