L’unité dans la diversité sera-t-elle possible en RDC ?

Ce lundi 15 janvier 2007

L’unité dans la diversité sera-t-elle possible en RDC un jour ?  Dans quelles conditions ?  Avec quels acteurs, pour quels bénéficiaires ?  Pourquoi, comment, quand ?

Dans le billet qui suit, suscité par une convesation avec notre compatriote Christome Muhima, nous exposons les grandes lignes de notre proposition, de notre argumentaire, dans ce domaine, dans le cadre du projet 2014.

Pour les besoins de la cause, nous avons retouché et complété le texte de départ tout en gardant l’essentiel.  Consultez le rétrolien pour participer à la discussion du sujet sur Skype ou postez vos commentaires d’ores et déjà appréciés.


[14:22:22] Muhima Christophe a dit : L’homme droit ne doit pas se borner sur un seul coté seulement. Le mal dans ce pays est que si on est d’un tel parti politique ou d’une obédience politique quelconque, c’est comme si on ne doit pas reconnaître le mal. Le mal reste mal et le bien reste bien. Nous avons voté pour ce gouvernement en place oui mais ne dit pas que nous n’allons pas dénoncer ce qu’il fera de mal. C’est le mal congolais. On a beau crié à bas la dictature, on a combattu le régime passé mais nous qui sommes sur terrain, avons peur car les mêmes accusations refont timidement surface. Faire danser les femmes et les jeunes sous un soleil ardent pour ceux qui connaissent la province orientale, car un membre du parti arrive, trouvez-vous cela normal ? Et les pauvres femmes qui vont danser toute la journée ne recevront rien pour apaiser leur soif. Le développement et la démocratie !!! Vous qui êtes à Bruxelles, sais pas si Chirac ou les rois belges aussi reçoivent des telles "actions de grâce" de la part de leurs communautés. Pensez-y, peut-être que mon raisonnement n’est pas bien orienté.

[14:32:33] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu a dit : Tu dénonces ici ce que nous dénonçons ailleurs.  Le mobutisme, dans sa politique du "recours à l’authenticité" a agit contrairement à sa propre doctrine : contraindre les congolais à l’unitarisme, à cause, entre autre de l’ignorance de sa propre culture – Mobutu lui-même prenant pour un bantou qu’il n’était pas !

D’aucuns savent qu’il n’est pas des moeurs ituriennes de danser devant une personne à qui on doit du respect.  Danse-t-on devant son père ou son chef coutumier pour lui dire sa joie pour une prouesse qu’il aurait réalisée à la manière où nous y contraignait ou nous y entraînait le MPR ?  Et quelle est cette danse populaire iturienne où la première évocation va toujours vers l’acte sexuel comme c’est le cas dans certains coin de la RDC, jusque ce jour ?  Vous en connaissez ?

Dans le cadre de notre projet 2014, si nous proposons l’avancée, graduelle, en cinq étapes de 10 ans chacune, vers une Confédération des Etats du Congo, c’est pour, d’une part, permettre à chaque congolais de vivre comme il l’attend, et de l’autre, éviter que certains empoisonnent, spolient, lâchement, la vie à d’autres !  Nous pensons que cette façon de faire permettra au kuba de vivre tel qu’il l’attends et au mbute de vivre tel que cela lui chante, tout en évitant que l’un impose l’autre sa vision de la culture ou du monde et que l’autre à son.

[14:33:12] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu a dit : son tour n’impose au premier sa vision de la démocratie, de l’économie, et même, de Dieu !

[14:43:40] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu a dit : La RDC est une mosaïque de cultures qui se valent aux yeux des peuples qui ont librement choisi ces cultures, ces modes de vie, ces us, ces coutumes, ces habitudes, des traditions…

A ce qu’il nous semble, être démocratique c’est aussi reconnaître la valeur du fumbua à celui qui en mange et non imposer l’angira à celui qui le rebute ou le mutwashi à celui qui ne veut même pas en attendre parler, quelque fut son opinion, défendable ou débile !

Par le temps qu’il fait en RDC, ce que nous affirmons, c’est que, les hommes qui siègent au pouvoir depuis 1960, à Kinshasa, par les actes qu’ils posent et les démarches politiques qu’ils adoptent, nous montrent, clairement, qu’ils ne sont pas ceux à même de nous aider à aller vers l’indépendance véritable que le congolais recherche inlassablement.  Leurs politiques unitaristes et d’amateurs, à ne pas confondre avec une politique d’unité dans la diversité que nous prônons, est la première erreur politique majeure qu’ils se refusent de reconnaître et qu’il serait donc illusoire de penser qu’ils l’abandonneraient avant leur repentance, leur conversion !  Par ailleurs, il ne faut pas s’empêcher de dire que nombre d’entre eux n’ont pas le sens de la démocratie que l’on a en Ituri ou que l’on a Walikale dont plusieurs ignore, au propre et au figuré, l’existence…  Comment un homme sans respect pour ce qui pourrait être sa propre culture peut-il brusquement avoir du respect pour la culture d’un autre ?  Cela serait-il possible ?  Par quel principe ?

Cela étant, il est illusoire, pour l’iturien, pour le walikaléen, comme d’ailleurs pour les congolais d’autres cultures, d’espérer voir leurs aspirations pris en compte dans les dix prochaines années si cette classe politique-là n’est pas pembenisée, démocratiquement, sans délai…  C’est le sens de notre combat, dans le projet 2014 : proposer aux élections de 2016, une alternative à l’unitarisme suicidaire des lumumbistes, des mobutistes et des kabilistes.

[14:52:17] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu a dit : Notre démarche chrétienne, citoyenne, politique c’est de dire, dans l’état actuel où se trouve notre pays, qu’il faut donner espoir au congolais, de façon positive, réaliste, qu’un jour, son aspiration, sera réalisée, par lui et pour lui, par la grâce du Dieu vivant et vrai.  Et elle le sera parce lorsque le congolais se sera décider de mettre au pouvoir des hommes intériorisant leurs propres cultures et respectueux de celles des autres.

Il est des congolais qui s’accommodent du socialisme, du communautarisme, du communisme même !  Il en est d’autres qui récusent ces politiques, les ont en horreur et appellent, de tout leur vœux, l’avènement d’un libéralisme, d’un capitalisme que l’on dirait pur et dur même, libéralisme et capitalisme étant pris ici au propre comme au figuré !

Ne pas vouloir tenir compte de cette donne, c’est, d’un point de vue stratégique, la volonté politique affirmée, dans les discours et les faits, des hommes qui nous dirigent jusqu’à présent ; en tout cas, pour la majorité d’entre eux, que nous connaissons personnellement.

La frange de ceux qui pensent, parlent et agissent autrement est bien fine qu’il faut travailler à accroître la taille de cette gente.  Notre appel dans cette direction – l’identification et la promotion de nos vrais leaders, depuis 1999, est loin d’être entendu, mais commence à l’être !

Or, la vérité c’est que les congolais sont un en ce qu’ils veulent demeurer un seul et unique Etat – notre bonheur est que cela soit indiscutablement démontré par les 46 ans « d’indépendance », mais non en ce qu’ils auraient les mêmes aspirations ni encore moins qu’ils auraient les mêmes options politiques, économiques ou mêmes religieuses…  Cette dure réalité dérange plusieurs hommes politiques assoiffés du lucre, du pouvoir et du désir de dominer les autres.  Nous devons apprendre et nous occuper, en Ituri comme ailleurs, à nous qualifier, pour les disqualifier chaque jour qui passe.  Ne pas vouloir s’engager dans cette démarche, de notre conviction, c’est être en contradiction avec notre quête d’une indépendance, qui reste encore mal définie ou mal comprise par plusieurs, il faut le reconnaître.

L’indépendance dont nous avons besoin, à ce qu’il nous semble, c’est de nous autodéterminer : définir et réaliser notre devenir, notre idéal – tel que nous le concevons et désirons, chaque jour qui passe.

[14:59:35] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu a dit :

Que veut l’Ituri ?

Comment l’Ituri attend-il réaliser son idéal ?

Avec qui et pour qui l’Ituri est-il le mieux à même de clarifier et de concrétiser son projet ?

Quand sera-ce ?

Pourquoi le serait-il ainsi ?

Ce que nous disons de l’Ituri, pourrait se dire de Matadi ou encore de Ngandajika, mieux, de Katakombe ou de l’Uvira, voire du Congo tout entier !

Ce que nous préconisons dans ce domaine, dans le cadre du projet 2014, est désormais connu d’un nombre croissant de congolais…

Rendons-nous compte, chemin faisant, qu’avec un gouvernement central pléthorique, tout est mis, encore une fois en oeuvre pour nous barrer la route.

J’aime autant dire, qu’en tel circonstance, les choix pour nous ne sont pas légion : nous laisser dominer, nous révolter ou nous rebeller, exiger notre indépendance : la vraie et non les pacotilles que nous proposent les miliciens dans leurs gesticulations sans lendemain.

Dites-nous qu’un projet non parallèle à celui du projet 2014 soit à même de conduire vers cette indépendance que nous proposons : le développement dans l’unité et la diversité !

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

Ingénieur civil électricien de l'orientation électronique Président de l'ASBL Echanges Afrique-Europe
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